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Communication aux Assises du Plurilinguisme

Berlin, table ronde du 19 Juin 2009

La langue de travail en entreprise – Ressources Humaines et gestion des compétences

Résumé

J’ai eu à connaître de la question de la langue de travail en tant qu’ancien responsable d’une entreprise internationale puis en tant qu’universitaire. Je suis d’une génération où les cadres dirigeants parlaient souvent peu et mal anglais, et pensaient qu’une part des difficultés de leur entreprise venait de là, d’autant que leurs collaborateurs plus jeunes et plus anglophones faisaient tout pour les en persuader afin de mieux se valoriser.

Je me suis vite aperçu que cette question était secondaire par rapport aux autres qualités et défauts de l’entreprise, et que l’anglais n’avait qu’une nécessité circonstancielle et que son usage était donc gérable sans envahir l’entreprise. Et surtout que l’anglicisation entraînait un immense gâchis de compétences avec promotion de bons anglophones, voire de « native speakers » au détriment de meilleurs « créatifs » ou techniciens qui ne pouvaient plus défendre efficacement leurs idées, situation aggravée par le sentiment de supériorité de celui connaissant mieux « la langue internationale ». Même à l’étranger, j’ai veillé à ce que les francophones puissent travailler entre eux en français et à les mettre en contact avec les réseaux francophones locaux (tels les Libanais de la péninsule arabique ; idem pour les germanophones dans d’autres pays) tandis que les autres travaillaient dans leur langue maternelle ou de scolarisation. Pour ces questions, je pense que l’intérêt de l’entreprise est le même que celui des salariés.

Télécharger l’étude en pdf : Assises du Plurilinguisme Berlin juin 2009

Yves Montenay

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