Notes de voyage en Côte d’Ivoire

Une première impression bizarre en arrivant à l’aéroport international d’Abidjan : pas une publicité en anglais, absolument tout est en français. Décidément nous ne sommes pas en France ! Idem dans toute la ville.

Le site d’Abidjan, tout en caps, îles et lagunes pourrait être extraordinaire. Mais les bords ne sont pas aménagés, les ordures s’accumulent dans l’eau, et on voit peu de bateaux. Les lagunes devraient fourmilier de pêcheurs, de bateaux bus et d’embarcations de plaisance. Il paraît que c’était mieux avant la guerre civile …

Les entreprises marocaines, qui ont compris rapidement les avantages de la francophonie et s’installent en nombre, ont notamment promis de nettoyer les lagunes. Les Ivoiriens attendent de voir. Pour consolider cette implantation économique et celle de son « islam modéré », le roi du Maroc vient d’offrir une nouvelle grande mosquée. La majorité de l’agglomération serait maintenant musulmane (comme le président Ouattara). Les marques du christianisme sont néanmoins omniprésentes : écoles, enseignes…

Abidjan était une des rares villes d’Afrique où l’on croisait beaucoup d’Européens et notamment les nombreux Français patrons de PME qui avaient apporté une masse d’emplois. Mais Laurent Gbagbo a demandé aux «Jeunes Patriotes » de les piller en punition du soutien de la France, missionnée par l’ONU, à son rival Ouattara. Ce dernier est maintenant président et Laurent Gbagbo devant la cour pénale internationale, mais les petits patrons français ne sont pas revenus. Un exemple de plus de «comment casser un pays qui marchait bien pour goûter aux délices de pouvoir ». Je sais que cette interprétation est discutée, mais à mon avis pour des questions communautaristes, et, de toute façon, le résultat concret a été catastrophique.

Bref un peu partout, j’étais le seul Européen, mais tout le monde a été charmant.

Je venais notamment faire le point sur la francophonie et le nouchi, mi argot, mi créole. Si l’on considère ce dernier comme une variante du français, le peuple est francophone et les langues « locales » ou « nationales » (c’est une discussion entre Ivoiriens) reculent à grande vitesse dans l’agglomération. À l’inverse certains considèrent le nouchi comme une nouvelle langue concurrençant le français. L’avenir tranchera.

Yves Montenay

Crédit photo : La Cote d’Ivoire vue d’en haut.

 

 

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